Farm Mont Saint Jean

Bioinfo : Intelligence collective et gouvernance participative

Färm Mont-Saint-Jean a ouvert ses portes le 26 mars dernier, en plein confinement. Lancée par une équipe jeune et dynamique, l’enseigne bio et locale a réussi à trouver ses marques dans une période bousculée. Rencontre avec deux de ses associés, Cédric Moulin et Joffrey Roche.

Cédric et Joffrey, comment s’est passé le lancement de votre magasin bio, il y a un an?

Nous avons dû inaugurer silencieusement notre enseigne, Covid oblige. Notre seule communication a été ef ectuée via les réseaux sociaux. Assez étonnamment, tout s’est bien déroulé : les clients ont répondu présents, et certains d’entre eux franchissaient pour la première fois le seuil d’un magasin bio, bien décidés à changer leur façon de s’alimenter… Nous sommes affiliés à Färm (il s’agit d’une forme de franchise plus souple), et bénéficions en ce sens de son soutien, qu’il s’agisse de l’expansion, de l’IT, du département des marchandises, de la communication, etc. Cette ouverture nous a permis de montrer au monde que nous pouvions ouvrir notre magasin en plein chaos avec une équipe solidaire et une belle cohésion.
 

Quelle est votre philosophie?

L’un des éléments les plus importants de Färm, et qui plaît beaucoup à notre clientèle, est d’avoir banni tous les produits issus des marques de sociétés cotées en bourse. Par ailleurs, notre concept s’appuie sur une communication poussée avec nos clients. À la base, nous voulions ouvrir une «  caisse papote  », à l’opposé de la «  caisse express  ». Ça ne s’est fi nalement pas fait, mais l’idée s’est développée dans l’ensemble du magasin: les clients viennent aussi chez nous parce qu’on les connaît, ainsi que leurs besoins spécifiques.
 

Qu’entendez-vous par «  magasin de destination  » ?

Nous sommes plus un «  magasin de destination  » que «  de proximité  », car il faut prendre sa voiture ou son vélo pour venir chez nous. Nous nous situons en effet en zone péri-urbaine. Mais nous trouvons de tout chez nous, des fruits et légumes, un coin traiteur, plus de 300 références en vrac, 130 vins et spiritueux, une herboristerie, des compléments alimentaires, une épicerie, des articles de jardinage…
 

Comment sélectionnez-vous vos produits?

Nous faisons appel aux producteurs locaux, avec notamment la Permaproject à Lasne, la Terre de Cala à Glabais, les pommes de terre de la ferme du Passavent à Vieux-Genappe, la Potironnerie de Braine, les Savons à Waterloo ou les yaourts de la ferme du Tambourin à Rebecq… Nous connaissons nos producteurs, nous testons leurs produits, et ceux-ci doivent répondre à la charte de Färm: c’est-à-dire travailler en direct avec nous à un prix démocratique. Pour nous, le prix doit être juste entre client et producteur: personne n’écrase personne.
 

Comment voyez-vous l’avenir du bio?

Il va aller grandissant... Il y a une pression de la grande distribution, mais finalement, on ne s’inquiète pas. Elle est plus chère que nous sur les produits de base, car il y a plus d’intermédiaires et les produits sont emballés. De plus, leur bio est souvent tourné vers une production industrialisée pour soutenir d’importants volumes, sans doute moins respectueuse de la planète et des hommes. Les petits indépendants comme nous, en revanche, ont une démarche collective. De plus, les artisans se tournent en priorité vers nous pour être soutenus. Un cercle vertueux!

Adresse : FÄRM Monst-Saint Jean - Avenue Victor Hugo 7, 1420 Braine-l'Alleud

Article écrit par Virginie Stassen, journaliste pour le Bioinfo